Cela faisait six ans qu'il vivait ici, à la maison Saint-Benoît, au coeur de la cité de Gayant. En janvier, le père Peter Bowe bouclera ses valises et repartira chez lui, au sein de sa communauté monastique de Douai Abbey, en Angleterre. Une triste nouvelle pour les fidèles, qui avaient tissé des liens forts avec le père Peter. Les regrets sont d'autant plus amers qu'aucun successeur ne lui a été trouvé.
PAR ANNE-LISE TENEUL
Ce sont Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai, et le père Geoffrey Scott, abbé de Douai Abbey, qui l'ont annoncé le 6 novembre 2011, via une déclaration officielle : « Durant les dernières années, la communauté de Douai Abbey, en Angleterre, a eu beaucoup de mal à trouver un deuxième moine pour la maison Saint-Benoît (...) Actuellement, le père Simon Mc Gurk, de Belmont Abbey, en Angleterre, arrive à la fin de son mandat et doit partir comme prévu à Noël. Après six ans à Douai, le père Peter Bowe a besoin de rejoindre sa communauté monastique. Aucun moine de Douai Abbey ou d'ailleurs n'est actuellement disponible pour remplacer l'un et l'autre. » La communauté bénédictine, qui était installée à Douai depuis 2005, a pourtant fait tout ce qu'elle pouvait pour trouver une solution. « On a cherché dans tous les monastères d'Angleterre , explique le père Peter. On a envoyé des courriers aux États-Unis, en Allemagne, un peu partout en Europe... Mais personne n'était disponible. » La difficulté résidait aussi dans le fait qu'il fallait trouver un candidat francophone, capable de se mettre au travail sans délai et d'assurer les nombreuses tâches dévolues à la communauté bénédictine. « On assure les offices matin et soir. Parfois, on assiste les prêtres lors des messes. On anime aussi des temps de parole avec les jeunes lycéens et chaque semaine, on les invite à partager un repas. » Les moines anglais proposent également des rencontres pour lire l'Évangile et prier ils accueillent les gens qui souhaitent confier leurs difficultés, ou se confesser.
Avec le départ du père Peter, une page se tourne pour la maison Saint-Benoît. Qui ne ferme pas ses portes pour autant : « L'activité se poursuivra, mais sous une autre forme », annonce le père José Van Oost. Pour remercier la communauté bénédictine de sa présence à Douai ces six dernières années, l'archevêque de Cambrai présidera une messe d'action de grâces le 14 janvier, à 18 h, à l'église Notre-Dame.
« Certains départs sont tristes, mais ils sont aussi plein d'espérance, confie le père Peter. Les Douaisiens trouveront une autre façon de vivre sans nous, en se souvenant des bonnes choses passées. Moi, je retiendrai de mes années passées à Douai beaucoup d'aspects positifs.
D'abord, le fort engagement des gens dans leur foi. Un engagement qu'on trouve aussi chez de nombreux jeunes. À mon arrivée ici, c'est une chose qui m'a interpellée. Puis, il y a beaucoup d'initiatives, d'espérance, de fidélité. Sans oublier la chaleur de l'amitié, que j'ai trouvée chez beaucoup de Douaisiens. » Le père Peter n'a pas l'intention de partir sans se retourner ! « Je reviendrai dès que j'en aurai l'occasion, par exemple pour animer des conférences. Les liens que ma communauté a tissés avec Douai continueront d'exister. »